''La mobilisation des recettes intérieures doit occuper une place centrale dans le programme de développement de l’Afrique'', a déclaré Mary Baine

La réunion du Caucus africain 2026 de Banjul, en Gambie, des 7 et 8 juillet 2026, a donné l’occasion à Mary Baine, Secrétaire exécutive de l’ATAF d’appeler les gouvernements et les partenaires de développement à accorder à la mobilisation des recettes nationales la même priorité stratégique qu’à la gestion de la dette, au commerce et à la stabilité monétaire. « La fiscalité n'est pas une simple note de bas de page technique du développement. C’est l’expression budgétaire de la souveraineté », a-t-elle souligné.

Marie-Louise Félicité BIDIAS

En effet, ministres africains des Finances, gouverneurs des banques centrales et partenaires au développement ont débattu du thème « Transformer les économies africaines par l’investissement, l’innovation et l’inclusion ». Mary Baine, Secrétaire exécutive de l’ATAF a déclaré que le renforcement des systèmes de recettes nationales profite tant aux pays emprunteurs qu’aux partenaires au développement, car il rend la dette plus viable, les finances publiques plus résilientes et le financement du développement plus prévisible. Selon elle, les gouvernements africains doivent renforcer leurs stratégies en matière de recettes, réexaminer les exonérations et incitations fiscales coûteuses, approfondir l’inclusion financière et promouvoir une coordination plus étroite entre les politiques budgétaires et monétaires.
Soulignant le rôle des administrations fiscales efficaces pour traduire les réformes politiques en résultats concrets en matière de recettes, Mary Baine précise que l’ATAF continue à soutenir ses pays membres par le biais de l’assistance technique, du renforcement des capacités, de l’apprentissage entre pairs, de la réforme législative, de l’amélioration de la conformité, des prix de transfert, de l’échange d’informations, de la transformation numérique et de la modernisation institutionnelle. En matière de transparence fiscale, l’ATAF accorde de l’importance au renforcement des capacités de l’Afrique à lutter contre les Flux financiers illicites (FFI) et le transfert des bénéfices. Mary Baine a mise en avant le partenariat de l’ATAF avec l’Autorité fiscale de Zambie et le Groupe de la Banque mondiale visant à développer une solution informatique africaine d’échange automatique d’informations (AEOI). Elle est conçue par des Africains pour les administrations fiscales africaines, offrant une plateforme sécurisée, abordable et durable pour mettre en œuvre les normes internationales de transparence fiscale. Depuis 2016, l’assistance technique soutenue par l’ATAF a contribué à plus de 6 milliards de dollars américains d’évaluations fiscales supplémentaires et à plus de 2,8 milliards de dollars américains de recettes perçues par les pays membres. Rien qu’en 2025, les interventions soutenues par l’ATAF ont généré 907,8 millions de dollars US de recouvrements fiscaux supplémentaires, dont 685,8 millions de dollars US ont été effectivement perçus. Pour l’avenir, Mary Baine met en avant l’initiative « Revenue Action for Development in Africa » (RADA) de l’ATAF, qui vise à doubler l’impact des interventions qu’elle soutient d’ici 2030, soulignant qu’elle avait été approuvée lors de la quatrième Conférence internationale sur le financement du développement (FfD4). Selon elle, les pays africains doivent s’engager de manière stratégique dans les négociations en cours sur la Convention-cadre des Nations unies sur la coopération fiscale internationale. « Les décisions prises aujourd’hui façonneront les droits d’imposition sur les services et l’économie numérique pour les générations à venir. Une souveraineté non exercée est une souveraineté cédée ».

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