La criminalité financière à travers l'Afrique : L’ATAF outille 54 enquêteurs

L'ATA (Forum sur l’Administrations fiscale africaine) a organisé, à Pretoria, son cours avancé destiné aux enquêteurs spécialisés dans la criminalité financière. Ce sont 54 enquêteurs issus de 18 pays qui vont renforcer leurs capacités à détecter, enquêter et lutter contre les formes complexes de criminalité financière transfrontalière. Cette formation qui s'appuie sur des sessions virtuelles précédentes, répond à un besoin croissant de compétences spécialisées. Surtout quand on sait que les administrations fiscales font face aujourd’hui à des environnements fiscaux de plus en plus complexes, à l'évolution des modèles économiques et à l'augmentation des risques d'évasion fiscale et de non-conformité. #ATAF

Marie-Louise Félicité BIDIAS

Bien se former pour mener des enquêtes efficaces sur la criminalité financière
Dans de nombreux pays africains, la capacité à mener des enquêtes efficaces sur la criminalité financière reste essentielle pour préserver les recettes publiques. Le renforcement des capacités des enquêteurs permet aux administrations fiscales de mieux identifier les risques, de recueillir des preuves recevables. Et de faire face à des stratagèmes sophistiqués, notamment les Flux financiers illicites (FFI) et les pratiques fiscales agressives. Pour de nombreux participants, le volet virtuel du programme constitue déjà une base solide pour un engagement plus approfondi. « Les sessions virtuelles m'ont aidé à mieux comprendre les techniques d'analyse des risques et les approches modernes en matière d'enquête. Elles ont renforcé ma confiance dans la gestion des dossiers complexes », a déclaré Drissa Achille Kinda, de la Direction générale des impôts du Burkina Faso. La formation en présentiel est conçue pour aller au-delà de la théorie et doter les participants des outils et techniques pratiques nécessaires pour mener des enquêtes efficaces. Grâce à des études de cas, à l'apprentissage entre pairs et à des exercices pratiques, les participants renforcent leur capacité à identifier les signaux d'alerte, à appliquer des méthodes d'investigation et à collaborer avec d'autres organismes chargés de l'application de la loi. Ils ont également souligné l'importance de cette formation pour faire face à des risques émergents et de plus en plus complexes. « Nous traitons des dossiers de plus en plus complexes, et j’espère renforcer mes capacités à enquêter et à gérer les dossiers à haut risque, en particulier ceux impliquant des transactions transfrontalières », a fait remarquer Sanjay Cesar, des services fiscaux des Seychelles. Cette formation répond en outre aux exigences croissantes en matière de transparence, de responsabilité et de renforcement de l’application de la loi, conformément aux meilleures pratiques internationales. En développant des compétences spécialisées, le programme aide les administrations fiscales à améliorer la conformité et à optimiser le recouvrement des recettes grâce à des approches plus efficaces et fondées sur les risques. Selon Gizela Macamba, de l'Administration fiscale angolaise (AGT), cette formation offre également une plateforme d'échanges entre pays, permettant aux participants de partager leurs expériences et de tirer des enseignements de contextes institutionnels variés. « C'est une occasion importante de renforcer nos compétences et d'apprendre des autres administrations. Le partage d’expériences est essentiel pour améliorer la manière dont nous traitons les délits fiscaux complexes », a-t-elle déclaré. Alliant formation technique et mise en pratique, ce cours promeut une culture professionnelle fondée sur l’intégrité, la diligence raisonnable et la conduite éthique dans le cadre des enquêtes fiscales.

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