Cotonou/19ème Réunion de l’Initiative Afrique : Rapport « Transparence fiscale en Afrique 2026 » lancé

L’hôtel Novotel Orisha de Cotonou abrite depuis le 30 juin 2026, la 19ème réunion de l'Initiative Afrique, organisée conjointement par la Direction Générale des Impôts du Bénin et le Secrétariat du Forum mondial. La rencontre de haut niveau regroupant les Directeurs généraux des administrations fiscales africaines, des experts, et partenaires techniques est une occasion de faire le point des progrès accomplis à travers le lancement officiel du rapport « Transparence fiscale en Afrique 2026 », coproduite par le Forum mondial et le Forum sur l'administration fiscale africaine .

Marie-Louise Félicité BIDIAS

Echanger sur les avancées et les défis de l’agenda de la transparence fiscale en Afrique. Sur le renforcement de la transparence des bénéficiaires effectifs grâce aux registres centraux, sur l’utilisation effective de l’échange de renseignement sur demande dans les enquêtes de contrôle fiscaux, la mise en œuvre et l’exploitation de l’échange automatique de renseignement sur les comptes financiers. Sont quelques-uns des objectifs de la 19èeme réunion de l’initiative Afrique. A l’ouverture, successivement, Erick Maxime Akakpo-Djihountry, Directeur Général des Impôts du Bénin, Manal Corwin, Directeur du Centre de politique et d'administration fiscales, OECD (intervention vidéo), Gaël Perraud, Président du Forum mondial (intervention vidéo) et Maria José Garde, cheffe du secrétariat du Forum mondial, dans leur intervention ont reconnu le rôle et la place importante de l’initiative Afrique. Elle est en effet, un programme lancé en 2014pour aider les pays africains à tirer parti des dernières avancées en matière de transparence mondiale, pour mieux lutte contre l’évasion fiscale et les autres Flux financiers illicites (FFI). Et, à terme, améliorer la mobilisation des ressources nationales au service de leur développement. Avec 39 membres et 19 partenaires et donateurs, l’Initiative Afrique fait avancer la transparence fiscale en Afrique grâce à un engagement politique accru et au renforcement des capacités, en soutien à la mobilisation des ressources nationales et la lutte contre les flux financiers illicites. « Si le Bénin a l’honneur d’accueillir cette 19ème réunion, c’est également parce qu’il partage pleinement les valeurs de coopération, de transparence et de partage d’expérience qui fondent cette importante plateforme continentale », a déclaré le Ministre délégué, chargé des Finances et de la Microfinance, Nicolas Yenoussi, en procédant à l’ouverture officielle de la 19èeme réunion de l’initiative Afrique. Depuis sa création, ses actions collectives s’articulent autour de deux priorités essentielles. Renforcer la sensibilisation politique au rôle clé de la transparence fiscale et de l’échange de renseignement dans la lutte contre la fraude et l’évasion fiscale, ainsi que d’autres FFI. Accompagner le renforcement des capacités des pays afin qu’ils puissent utiliser efficacement ces outils pour améliorer le respect des obligations fiscales et accroître leurs ressources nationales. Entre 2009 et 2024, plus de 4,2 milliards d’euros de recettes additionnelles ont été identifiés ou recouvrés par une vingtaine de pays à travers le continent, grâce aux outils de transparence fiscale et d’échange de renseignements. Le rapport « Transparence fiscale en Afrique 2026 » Au cours de la même journée, le rapport « Transparence fiscale en Afrique 2026 », coproduit par le Forum mondial et le Forum sur l'administration fiscale africaine (ATAF), a été lancé. Occasion pour Maria Jose Garde, cheffe du Secrétariat du Forum mondial et de Mary Baine, Secrétaire exécutive de l’ATAF, de procéder à la présentation des grandes lignes et conclusion dudit rapport. Selon le Forum mondial, le rapport présente des analyses pour plus de 40 pays, accompagnées de statistiques révélatrices, d’études de cas et témoignages illustrant les résultats concrets obtenus. Il met en avant l’engagement et les progrès des pays africains dans la mise en œuvre et l’application des normes internationales de transparence fiscale. Il démontre les progrès soutenus réalisés par les pays africains dans la promotion de la transparence et de l’échange de renseignements à des fins fiscales, en tant qu’outils essentiels pour lutter contre l’évasion fiscale, endiguer les flux financiers illicites et renforcer la mobilisation des ressources nationales. Depuis 2009, les pays africains ont collectivement identifié 4.6 milliards EUR de recettes supplémentaires (impôts, intérêts et pénalités) grâce à ces mécanismes. « La publication du rapport sur la transparence fiscale (2026) marque une nouvelle étape importante dans nos efforts concertés visant à améliorer la transparence fiscale et l'échange d'informations. Nous ne pouvons progresser que si nous sommes en mesure d'identifier les problèmes ; cela implique donc que nous ayons une compréhension approfondie du contexte. Je vous recommande vivement ce rapport, qui constitue une contribution majeure dans ce domaine, et je tiens à remercier toutes les personnes qui ont participé à ses excellents travaux de recherche et d'analyse », a déclaré Mary Baine. Le rapport de 2026 met en avant des avancées remarquables dans La mise en œuvre de l'EOI (Échange de renseignements sur demande) /l'AEOI (Échange automatique d’informations) et de la transparence fiscale. Malgré l’amélioration significative de l’infrastructure de l’échange automatique d’informations (EAI), illustrée par la création d’unités chargées de l’EAI et la délégation de pouvoirs aux administrations fiscales, on ne peut manquer de constater que seuls 5 pays ont généré 75 % des demandes sortantes et que seuls 2 pays (la Tunisie et le Kenya) en représentent 67 %. Ces statistiques montrent qu’il reste encore beaucoup à faire pour garantir une mise en œuvre efficace de l’EAI par les pays africains. Mary Baine, a par ailleurs affirmé l’engagement continu de l’ATAF en faveur du programme de l’Initiative africaine sur la transparence fiscale. « Nous poursuivrons et intensifierons nos efforts, en collaboration avec nos partenaires, notamment le Forum mondial, afin de transformer les statistiques actuelles, qui mettent en évidence les limites, les défis et les obstacles à la mise en œuvre de l’échange de renseignements (EOI), en une série de réussites issues de nombreux pays africains, alors que nous œuvrons en faveur de la souveraineté financière et de l’équité des systèmes fiscaux africains ». Les avancées du Bénin en matière de transparence fiscale Le DGI du Bénin, Erick Maxime Akakpo-Djihountry a précisé que le Bénin est membre de l’initiative Afrique depuis 2017. « Le pays a bénéficié et partagé ses expériences, tiré des enseignements pratiques des succès et des difficultés des autres pays membres », a-t-il poursuivi. Sur le leadership du Gouvernement, et des hautes autorités, d’importantes réformes ont été engagées ces dernières années afin de moderniser l’administration fiscale, de renforcer la qualité du service aux contribuables, promouvoir la digitalisation des procédures et améliorer la transparence dans la gestion des finances publiques. « Ces réformes traduisent notre conviction profonde que la mobilisation efficace des ressources intérieures constitue l’un des piliers essentiels du financement du développement durable et de la souveraineté économique. Les efforts du Bénin s’inscrivent dans la vision de l’agenda 2063 de l’Union Africaine qui érige la lutte contre les FFI et la mobilisation des ressources nationale en priorités stratégiques pour le développement du continent », a déclaré Nicolas Yenoussi , Ministre délégué, chargé des Finances et de la Microfinance. L’unité d’échange de renseignement du Bénin est mise en place. Il reste cependant l’opérationnalisation l’accompagnement, le processus d’harmonisation de cadres juridiques et le renforcement des capacités des ressources humaines. Le plus important est de transformer les acquis normatifs en résultats fiscaux pour construire une administration fiscale plus effective.

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