« Notre ambition est claire : faire du Bénin une référence africaine de l'éducation à l'intelligence artificielle », ainsi s’exprimait Mahuna Akplogan, ministre de la Transformation Digitale et de l’Innovation, en charge de la Stratégie nationale d'intelligence artificielle, au cours de la cérémonie de remises de trophées aux lauréats des Olympiades Nationales d’Intelligence Artificielle 2026. Dans les pays africains, et le Bénin ne fait pas exception, l’Intelligence artificielle (IA) revêt une importance stratégique. Elle offre en effet, une réelle opportunité pour répondre aux défis socio-économiques, lutter contre la pauvreté et réaliser les ambitions de l’Agenda 2063 de l’Union Africaine. Le Président Romuald Wadagni a innové en nommant, le 24 mai, un ministre en charge de la Stratégie nationale d’IA dans son gouvernement. Mahuna Akplogan, Expert en recherche et développement, ancien responsable de Sèmè City, incarne l’ambition du pays de concrétiser sa Stratégie Nationale IA et des Mégadonnées 2023-2027. Ceci avec des objectifs de formation des talents, de soutien à l’innovation locale et de déploiement de solutions d’IA à fort impact.
La stratégie nationale d'IA
La SNIA a été adoptée par le Conseil des ministres en sa session du 18 janvier 2023. Portée par la vision de faire du Bénin à l’horizon 2027, un pays qui rayonne également par la valorisation de ses données massives par le biais des systèmes et technologies de l’IA et du développement des compétences y relatives. Elle est composée de quatre programmes déclinables en trois phases pendant cinq années, avec un portefeuille contenant cent vingt-trois (123) actions impactant les secteurs public et privé. Son adoption positionne le Bénin, comme un pays apte à saisir les opportunités actuelles et futures afférentes à l’intelligence artificielle et au traitement des données massives. Ce qui le rend encore plus attractif pour tous types d’investissements provenant notamment du secteur privé et des partenaires au développement.
Le Bénin dispose d’un cadre institutionnel et juridique (Le Code du Numérique adopté le 13 juin 2017, tel que modifié par la loi N°2020-35 du 6 janvier 2021) adapté. Il dispose aussi d’un écosystème numérique dynamique, le tout constituant un fondement essentiel pour l’élaboration d’une solide stratégie d’IA permettant d’apporter des solutions concrètes aux problèmes de développement et ce, dans plusieurs domaines (agriculture, santé, tourisme, éducation, transport, sécurité, e-Gouvernance, e-Business, etc.).
Le fondement même de la révolution du pays est inscrit au Programme d’actions du gouvernement (PAG 2021-2026) qui en son pilier 2, identifie le numérique comme levier d’accélération de la transformation structurelle de l’économie béninoise. La Déclaration de Politique Sectorielle dans le secteur de l’économie numérique place le Bénin comme « leader des TIC en Afrique de l’Ouest. Et de faire entrer le pays dans le top 100 du classement Network Readiness Index (NRI). Elle à transformer « le Bénin en une plateforme de services numériques de l’Afrique de l’Ouest pour l’accélération de la croissance et l’inclusion sociale ».
Le Bénin est le premier pays de l’espace UEMOA dans l’adoption de l’IA. En 2023, selon le rapport Government AI Readiness Index de Oxford Insights, en matière d’intelligence artificielle (IA), le Bénin se hisse très rapidement, à la 5ème place en Afrique subsaharienne.
De nombreuses initiatives mises en oeuvre
L’IA représente un enjeu majeur pour le développement du Bénin, car elle offre des solutions innovantes pour résoudre des problèmes cruciaux dans divers secteurs. En intégrant des systèmes intelligents, le pays peut optimiser ses ressources et améliorer la qualité de vie de ses citoyens.
Le développement des activités dans le domaine de l’intelligence artificielle au Bénin s’édifie par la prise d’initiatives aussi bien des starts up, du monde universitaire et de
la formation que du secteur privé. C’est ainsi que des structures de formations dans ce domaine ont ainsi vu le jour, notamment l’Institut de formation et de recherche en Informatique (IFRI), l’Institut de mathématiques et de sciences physiques (IMSP) doté d’un supercalculateur qui permet d’avoir accès à des puissances de calculs significatives pour faciliter le développement de l’IA aussi bien au Bénin que dans toute la sous-région. La Fondation Vallet, en partenariat avec l’Ong Bénin Excellence et le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) organise les sessions de l’École d’Été sur l’Intelligence Artificielle au Bénin. Ces sont des grands rendez-vous pédagogiques sur l’Intelligence Artificielle en Afrique de l’Ouest, où des milliers de visiteurs sont attendus.
L'Agence de Développement de Sèmè-City
Projet phare du gouvernement, Sèmè City incarne la vision du Bénin pour catalyser le potentiel de sa jeunesse. Il se positionne en tant que hub d’excellence dédié à la formation, à la recherche, à l’innovation, ainsi qu’à l’incubation et la création d’entreprises novatrices. Son objectif est de soutenir la création d’une économie durable, inclusive et innovante, capable de générer de la valeur tout en répondant aux défis sociaux, environnementaux et technologiques du continent. C’est une zone économique spéciale offrant des incitations à l’investissement et à la création d’emplois pour promouvoir l’émergence de champions nationaux et régionaux par l’enseignement supérieur, la recherche scientifique, la formation professionnelle et professionnelle ainsi que l’incubation d’entreprises innovantes.
Le robot intelligent
L’utilisation de solutions technologiques dans les services publics s’inscrit dans la dynamique de transformation engagée par le Bénin. Après la dématérialisation de nombreuses procédures administratives, le développement des services numériques et les investissements dans les infrastructures modernes, cette innovation traduit une nouvelle étape : celle de l’intégration progressive de la robotique dans les espaces publics. Depuis le début du mois d’août 2026, l’Aéroport international Bernardin Gantin de Cotonou innove avec un robot poubelle autonome. Ce dernier se déplace seul dans le hall de l’aéroport pour collecter les déchets auprès des voyageurs. Le robot circule dans les espaces de l’aéroport, s’approchant des usagers afin de leur permettre d’y déposer leurs déchets. Doté d’un écran interactif et d’un système de déplacement intelligent, il contribue à maintenir la propreté.
La Stratégie de l'IA de l'UAC
L’Université d’Abomey-Calavi (UAC) a procédé, le 16 juillet 2026, au lancement officiel de sa Stratégie de l’Intelligence Artificielle de l’UAC (SIAUAC), une initiative destinée à intégrer l’IA au cœur de l’enseignement, de la recherche et de la gouvernance universitaire.
À travers cette stratégie, l’UAC ambitionne de faire de l’intelligence artificielle un levier de modernisation de ses pratiques académiques et administratives, tout en renforçant les capacités de sa communauté universitaire face aux mutations technologiques. Le lancement de la SIAUAC s’inscrit dans une dynamique de transformation numérique de l’enseignement supérieur béninois. Il marque également la volonté de l’UAC de se positionner parmi les établissements africains qui misent sur l’intelligence artificielle pour stimuler l’innovation, améliorer la qualité de la formation et soutenir la recherche scientifique.
''Once Only'' pour la transformation numérique
L'Agence des systèmes d'information et du numérique (ASIN) et le PNUD ont ouvert, le 16 juillet 2026 un chantier « Once Only » pour unifier identité numérique, paiements et circulation des données, pivot d'une nouvelle stratégie de transformation numérique de l'État béninois.
Cette initiative marque un tournant pour l'administration béninoise, qui cherche à sortir d'une logique de systèmes en silos pour organiser ses services autour de parcours utilisateurs simplifiés et d'un socle d'infrastructures numériques partagées. L'ASIN présente le principe Once Only comme une approche visant à réduire les demandes répétées d'informations déjà disponibles dans les bases administratives. Il met en avant un modèle où les citoyens ne fournissent plus les mêmes pièces à chaque démarche, l'administration étant responsable de la circulation interne de l'information, dans un environnement sécurisé et interconnecté. Les discussions techniques lancées devront déboucher sur un document de stratégie opérationnelle aligné sur la feuille de route numérique 2031 et les engagements de la Vision Bénin 2060.
Les Olympiades nationale de l'IA
Le Bénin s’est distingué à la 3ᵉ édition des Olympiades internationales d’intelligence artificielle (IOAI), qui se sont tenues à Astana, au Kazakhstan. Pour sa deuxième participation à cette compétition internationale, le Bénin enregistre une performance historique. Sur 437 candidats représentant 106 pays, deux jeunes talents béninois. Médaille de bronze, Emmanuel Christiano Guidimadjègbé, élève au Collège Catholique Notre-Dame de Lourdes de Porto-Novo.
Mention honorable, Raphaël Nguébou, élève au Lycée Technique F.M. Coulibaly de Cotonou. Cette performance permet au Bénin de se hisser à la 3ᵉ place africaine.
En effet, les Olympiades nationales d'Intelligence Artificielle s'inscrivent dans l’ambition du Bénin d’identifier, de former et d’accompagner les meilleurs jeunes talents afin de préparer une nouvelle génération capable de contribuer au développement technologique du pays. Déjà le 4 juillet 2026, à Sèmè One (Sèmè City), les lauréats des Olympiades nationales de l’IA ont reçu leurs kits de préparation et intègrent désormais le Bootcamp intensif qui les accompagnera vers la sélection finale de l'équipe nationale. Cette initiative est portée par le Ministère de la Transformation Digitale et de l’Innovation, le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique et le Ministère de l’Enseignement Secondaire. Elle est mise en œuvre par l’Agence de Développement de Sèmè City dans le cadre de la Stratégie Nationale d’Intelligence Artificielle et des Mégadonnées.
Salons de l'Entrepreneuriat numérique et de l'IA
Ces salons réunissent à chaque fois acteurs des TIC, chefs d'entreprise et experts internationaux pour promouvoir l'entrepreneuriat numérique et évaluer l'impact de l'IA. Ceci avec un accent particulier sur les enjeux stratégiques, socio-économiques, politiques et éthiques de l’Ia en Afrique et au Bénin.
La 1ère édition, en juillet 2022 s’est déroulé sur le thème de l’« Entrepreneuriat Numérique et les enjeux de l'IA pour le développement socio-économique de l'Afrique ». Elle a regroupé plus de 2500 invités dont 50 exposants, 10 pays et délégations avec plus de 100 stands et des d'expositions.
La 2ème édition, en mai 2023, sous le thème : « Contenus locaux, nouveaux métiers et données ouvertes » a connu aussi une forte affluence. L'objectif a été de mettre la lumière sur les enjeux des données ouvertes en lien avec l'entrepreneuriat et l'intelligence artificielle, ainsi que les nouveaux métiers.
L’édition de 2024, sous le thème « IA et entrepreneuriat numérique : la convergence des possibilités », s'est déroulée en mai 2024. Plusieurs initiatives ont été mises en vigueur : notamment des concours d'innovation et des hackathons visant à promouvoir les langues nationales telles que le Fon et le Dendi.
La semaine du Numérique
L'édition 2025 de la semaine du Numérique s'est tenue en novembre 2025 à Cotonou autour du thème « IA, Médias et Numérique : Entreprendre pour façonner notre avenir commun ».Elle a mis en lumière le potentiel de l’IA pour le développement du Bénin. Si les défis sont nombreux, les perspectives sont prometteuses. En investissant dans la recherche, la formation et la création d’un écosystème favorable, le Bénin peut se positionner comme un acteur de premier plan dans le domaine de l’IA en Afrique. Avec une vision collective et des actions concrètes, l’IA pourrait devenir un véritable levier de développement pour le pays.
Perspectives
Malgré ses promesses, l’implémentation de l’IA au Bénin fait face à plusieurs défis : Le manque de données. L’absence de données fiables et accessibles constitue un frein à l’innovation. Les Compétences. Le manque de personnel qualifié dans le domaine de l’IA nécessite des efforts de formation et de sensibilisation. Les Infrastructures. Le développement de l’IA nécessite des infrastructures technologiques robustes, encore insuffisantes dans certaines régions du pays.
« Au regard du positionnement du Bénin à l’international dans le secteur des applications de l’intelligence artificielle, il nous parait important de renforcer les actions en faveur des populations à la base, notamment des jeunes scolaires. L’instauration des classes scientifiques et de l’innovation dans le les programmes d’éducation contribuera à identifier et suivre des talents jusqu’à leur éclosion et leur maturité. Ceci pourrait permettre de créer des émules qui très tôt feront de ce secteur une passion que le Gouvernement pourra encadrer afin qu’ils atteignent un niveau d’excellence », préconise Mahouton Marius Elvis Djossou dans ‘’L’intelligence artificielle au Bénin et les révolutions pour le développement’’.
Mais pour en tirer pleinement parti, il faudra répondre à certains défis liés aux violations potentielles des droits humains, aux impacts sur l’environnement ou encore aux risques d’importation sans réelles adaptations locales que ces technologies posent.
Marie-Louise Félicité BIDIAS
Encadré
L'IA, une chance pour le développement de l'Afrique
IA offre de nombreuses opportunités pour l’accélération du développement économique, social et environnemental des pays ouest africains tels que le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire et le Sénégal. « S’il est vrai que différentes initiatives ont été prises par les gouvernements dans divers domaines en faveur du développement, de nombreux défis persistent dans ces pays aux niveaux économique, social et environnemental. Les systèmes d’IA se sont multipliés et perfectionnés à l’image du ChatGPT, rendant encore plus nécessaire l’accroissement des investissements pour le développement de cette technologie en Afrique de l’ouest », précise rapport diagnostic : « Développement et utilisation des systèmes d'intelligence artificielle pour le bien-être de tous en Afrique de l'Ouest », de l’Initiative Prospective Agricole et Rurale.
En matière de développement économique par exemple, elle peut aider à améliorer l’efficacité et la productivité des entreprises et des services publics, en utilisant des technologies telles que l’analyse de données, l’apprentissage automatique et la robotique.
Dans l’industrie, les entreprises peuvent utiliser l’IA pour automatiser des tâches répétitives afin d’améliorer le niveau de bien-être des employés qui s’exerceront plus sur des tâches plus complexes.
L’IA offre aussi plusieurs nouveaux profils d’emploi qui pourraient être exploités pour lutter contre le chômage.
Les systèmes d’IA peuvent également servir à améliorer l’analyse des données massives (big data) en vue de faciliter la prise de décisions plus efficaces.
L’IA peut être utilisée pour surveiller les épidémies de maladies et aider à circonscrire leur propagation. Avec l’aide de drones, l’accès aux zones enclavées ou reculées peut être grandement facilité pour les services de vaccination ou de traitement de maladies. De plus, les médecins peuvent utiliser des systèmes d’IA pour analyser les résultats des tests médicaux et les comparer à une base de données de connaissances pour identifier les maladies et les traitements appropriés.
Dans le domaine de l’éducation, l’IA peut aider à améliorer la qualité et l’étendue de l’enseignement et de l’apprentissage et faire reculer l’analphabétisme. Les systèmes d’IA peuvent servir à l’analyse des données d’apprentissage et fournir des commentaires précis aux enseignants et aux élèves sur les progrès de chacun.
L’IA peut aussi aider à créer des programmes d’apprentissage en ligne qui sont adaptés aux besoins individuels de chaque élève, notamment les filles ; ce qui contribue à l’amélioration de la qualité de l’éducation et de la réduction des inégalités dans l’accès à l’éducation.
Encadré
Gouvernance responsable de l'IA: Les pays africains les plus performants
Le Nigeria, l’Egypte et le Kenya sont les pays africains qui affichent les meilleures performances en matière de gouvernance responsable de l'intelligence artificielle (IA), selon un rapport publié le 8 juillet 2026 par le Global Center on AI Governance, un centre de recherche basé en Afrique du Sud, qui œuvre à promouvoir une gouvernance équitable et responsable de l’IA à l'échelle mondiale.
En Afrique, le Nigeria est le pays le plus performant en matière de gouvernance responsable. Il occupe la 38e position à l’échelle mondiale avec un score global de 45,93, grâce à de bonnes performances dans les dimensions confiance et sécurité (63,45 points), et inclusion et diversité (52,06 points). Il enregistre cependant des notes plus faibles dans les dimensions utilisation de l’IA dans les services publics (23,65 points) et main-d’œuvre et compétences (40,85).
Avec un score de 41,3 points, l’Egypte occupe la 2e position à l’échelle africaine et le 48e rang au plan mondial devant le Kenya (50e rang mondial), le Ghana (56e), le Bénin (59e), le Maroc (63e), la Côte d’Ivoire (64e), le Rwanda (66e), l’Ethiopie (73e). Le Sénégal (74e rang mondial) ferme le Top 10 africain. Globalement, l’Afrique affiche des performances modestes en matière de gouvernance responsable de l’IA. Les 39 pays du continent couverts par le classement affichent d'ailleurs un score moyen de 21,79 points, un niveau bien en dessous de la moyenne mondiale de 35 points. À l’échelle mondiale, la Norvège arrive en tête du classement avec un score de 74,20 points, suivie de l’Italie (72,71), de l’Irlande, de la France et des Pays-Bas.
Source : Agence ecofin
Encadré
STRATEGIE CONTINENTALE SUR L'IA DE L'UNION AFRICAINE
Dans le cadre de l’Agenda 2063, les pays africains se sont engagés à réaliser sept aspirations et l’IA contribuera à les concrétiser. La stratégie de l’UA pour la science, la technologie et l’innovation en Afrique (STISA) 2024, place la science, la technologie et l’innovation au cœur du développement socio-économique et de la croissance de l’Afrique. En outre, la stratégie de l’IA est conforme à la stratégie de transformation numérique pour l’Afrique.
Si l’Afrique est capable de saisir 5 % de cette opportunité, l’IA générative pourrait ajouter entre 110 et 220 milliards de dollars au PIB africain par an. Des développements récents indiquent une préoccupation croissante concernant la fracture de l’IA entre l’Afrique et le reste du monde.
L’Afrique compte plus de 2 400 organisations travaillant sur l’innovation en matière d’IA, dont 41 % sont des startups opérant dans divers secteurs, notamment la santé, l’agriculture, l’éducation, le droit et l’assurance.
Les Principes directeurs :
-Le local d’abord : L’IA doit promouvoir la croissance inclusive, le développement durable, le bien-être et la renaissance culturelle.
-Droits de l’homme et dignité humaine.
-Paix et prospérité.
-Inclusion et diversité : La production, le développement, l’utilisation et l’évaluation de l’IA en Afrique seront inclusifs, non discriminatoire.
-Éthique et transparence.
-Coopération et intégration : Les États membres, la CUA, les organes de l’UA, les CER, les institutions africaines et les organisations internationales coopéreront pour créer des capacités permettant aux pays africains d’auto-gérer leurs données et leur IA
-Développement des compétences, sensibilisation du public et éducation
Créer un écosystème de start-ups et d’entreprise d’IA dynamique, inclusif et diversifié :
Les États membres de l’UA devraient promouvoir les startups de l’IA en tant que moteurs de la croissance économique, en veillant ainsi à ce que toutes les mesures incitatives soient mises en place pour attirer et retenir les talents et les entreprises dans la région. Afin d’encourager davantage les entreprises issues de la recherche en IA, leur aptitude au marché et retenir les talents et start-ups, il convient de créer des incubateurs et des accélérateurs d’entreprises africaines dans le domaine de l’IA et de travailler en étroite collaboration avec des universités de premier plan.
Minimiser les risques pour une IA responsable, sûre et sécurisée en Afrique
Veiller à ce que l’adoption et le développement de l’IA en Afrique soient inclusifs, profitent à tous, en particulier aux femmes et aux filles, et respectent la riche diversité culturelle et linguistique du continent. Il est impératif que les systèmes d’IA développés et utilisés en Afrique soient sûrs et sécurisés. Cela signifie que les acteurs non autorisés et malveillants ne peuvent pas y accéder. Le développement de l’IA en Afrique devrait principalement s’appuyer sur et dépendre de l’investissement des gouvernements africains et du secteur privé sur le continent pour garantir des capacités souveraines en matière d’IA. L’IA pose un large éventail de problèmes transnationaux, notamment en ce qui concerne la circulation transfrontalière des données et des applications qui en dépendent.
Calendrier de mise en oeuvre de la stratégie
La phase 1, qui se déroulera entre 2025 et 2026, sera axée sur le commencement de toutes les activités.
La phase 2 commencera en 2028 avec la mise en œuvre des projets et actions principaux de la stratégie continentale sur l’IA, et cela en tenant compte de l’évaluation de 2027.
Suivi, évaluation et apprentissage :
L’élaboration d’un indice africain de préparation à l’IA pour suivre les progrès des États membres dans tous les domaines prioritaires identifiés dans leurs stratégies nationales en matière d’IA. Avec un examen à mi-parcours de la stratégie continentale de l’IA en 2027 afin d’affiner les indicateurs et d’améliorer la mise en œuvre.
Encadré
Des Start-Up au Bénin
Les entreprises au Bénin qui développent des outils liés à l’IA dans plusieurs secteurs sont de plus en plus élevées. Certaines utilisent l’IA dans l’agriculture, la santé, l’éducation ou la finance. Certaines travaillent sur la data science, la cybersécurité ou l’automatisation. D’autres sur les laboratoires, les universités et les centres de recherche. D’autres sont des incubateurs et programmes qui accompagnent les projets d’IA. En 2021, La plateforme "Innovations au Bénin" a été lancée en septembre 2021. C’une plateforme dynamique d’informations et d’interactions avec les acteurs de l’écosystème des innovations. Elle est le fruit du partenariat entre l’Agence de Développement de Sèmè City, le PNUD à travers son Laboratoire d’accélération AccLAb et EtriLabs.
L’initiative AcademIA, soutenue par le Ministère des Relations internationales et de la Francophonie du Gouvernement du Québec, vise à sensibiliser et accompagner une vingtaine de PME et startups du Québec et du Bénin aux enjeux de l’intelligence artificielle (IA) et du Big Data. Elle se fait dans une approche de mutualisation des ressources (humaines, financières et technologiques), d’échange de bonnes pratiques et d’expériences, ainsi que de construction de savoir-faire et d’innovation.
Au Bénin, la start-up SsAfe développe une innovation qui ambitionne de transformer la gestion de l’eau à l’échelle domestique. Présenté lors de la conférence de l’UNESCO à Paris, en mars 2026, lors de la journée « AI Day: Youth and Digital Transformation », mettant en avant l'initiative African Women in Tech and AI (AWITAI). L’objectif du dispositif est de proposer une solution adaptée aussi bien aux zones urbaines qu’aux zones rurales. Porté par l’ingénieure chimiste Marielle Agbahoungbata et deux chercheurs associés, le projet repose sur un robot filtreur intelligent capable d’analyser et d traiter l’eau selon son niveau de pollution.
Et bien d’autres encore qui démontrent leur savoir-faire efficacement…
M-L. B.


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