Le Forum de l’administration fiscale d’Afrique de l’Ouest (WATAF) a lancé, le 18 août 2026, le projet de renforcement des capacités de l’administration fiscale en Afrique de l’Ouest (STACP-WA). Financée par la Banque africaine de développement (BAD), l’initiative entend renforcer l’administration fiscale pour une meilleure mobilisation des recettes nationales et soutenir des systèmes de recettes plus résilients dans la région.
Marie-Louise Félicité BIDIAS
Le projet de renforcement des capacités de l’administration fiscale en Afrique de l’Ouest (STACP-WA), d’une subvention de 4 millions du Fonds africain de développement/Mécanisme d’appui à la transition (pilier III), l’équivalent d’environ 5,3 millions de dollars américains ; sera mis en œuvre par le Forum de l’administration fiscale d’Afrique de (WATAF) sur une période de quatre ans et bénéficiera à six pays (le Burkina Faso, la Gambie, la Guinée, la Guinée-Bissau, le Libéria et la Sierra Leone). Jules Tapsoba, secrétaire exécutif du WATAF, a qualifié le STACP-WA d’étape majeure dans l’histoire du Forum et de premier projet multilatéral de cette envergure financé par des sources extérieures à être mis en œuvre par la WATAF. Il a souligné que le projet marque une nouvelle étape dans la contribution du Forum à la mobilisation des recettes nationales, à la résilience institutionnelle et à la coopération régionale. « Le WATAF se mobilise d’ores et déjà pour étendre son champ d’action à l’ensemble de la région grâce à de futurs projets conçus en fonction des besoins spécifiques des administrations fiscales membres », a-t-il poursuivi. Pour Ibrahim Ansu Bangura, responsable principal de la gouvernance à la BAD, le projet intervient à un moment où la mobilisation des recettes nationales revêt une importance croissante pour le financement du développement, la résilience et une gouvernance efficace en Afrique de l’Ouest. Les pays bénéficiaires pourront ainsi renforcer l’administration fiscale nationale, commerciale et du secteur extractif ; améliorer le respect des obligations fiscales ; réduire les pertes de recettes ; et renforcer les capacités institutionnelles. Le STACP-WA soutiendra également les outils fiscaux numériques, les réformes de la TVA et de la facturation électronique, la sensibilisation des contribuables, les systèmes fiscaux tenant compte de la dimension de genre et une meilleure gouvernance des recettes issues des ressources naturelles. Un impact croissant Trois volets principaux constituent le STACP-WA. Le renforcement de l’efficacité de l’administration des impôts nationaux et des taxes commerciales. L’amélioration des recettes issues des ressources naturelles dans les pays riches en ressources. Et le soutien à la gestion de projet, à la coordination et au renforcement des capacités institutionnelles au sein du secrétariat de la WATAF. Pour Darlingston Y. Talery, directeur par intérim de la Direction de l’union douanière et de la fiscalité de la CEDEAO, le projet intervient à un moment décisif, alors que les États membres sont confrontés à des pressions budgétaires, à des obligations croissantes liées au service de la dette et au besoin urgent de financer les infrastructures, le capital humain et l’intégration régionale. La Commission de la CEDEAO réaffirme ainsi sa volonté de soutenir le projet par le biais de la coordination des politiques, de la collaboration technique et de l’alignement sur les directives et les réformes régionales. Babatunde Oladapo, ancien secrétaire exécutif de la WATAF, par contre appelle le WATAF, la CEDEAO, la BAD et les pays bénéficiaires à une collaboration profonde, afin d’en garantir la mise en œuvre réussie. Il a exhorté le WATAF profiter de son réseau régional d’experts fiscaux afin de mettre en œuvre le projet efficacement et veiller à ce qu’il produise des résultats mesurables pour les administrations fiscales bénéficiaires. Femi Edgal, représentant l’Administration fiscale du Nigeria (NRS), a exprimé l’espoir que le projet aura un impact tangible sur le renforcement de la mobilisation des recettes nationales dans les pays ciblés. Il a exhorté à un renforcement du travail d’équipe et de la collaboration. Dr Tarila Ebiede, responsable principal chargé de la fragilité et de la résilience à la BAD, a souligné que la mobilisation des recettes intérieures est essentielle pour financer le développement et renforcer la résilience. Il a par ailleurs insisté, sur la nécessité d’une mise en œuvre adéquate, d’une planification de la pérennité et d’une coordination institutionnelle solide pour garantir que le projet atteigne les résultats escomptés. Le lancement du STACP-WA marque une étape importante dans la promotion de la réforme de l’administration fiscale en Afrique de l’Ouest. Le projet devrait aider les pays bénéficiaires à améliorer le recouvrement des recettes, à renforcer les capacités des administrations fiscales, à accroître la transparence et à mettre en place des systèmes fiscaux plus résilients, capables de financer un développement inclusif. Le WATAF continuera à mobiliser des partenariats pour de futures interventions ciblant d’autres pays, des domaines prioritaires et des besoins spécifiques en matière de renforcement des capacités dans l’ensemble de ses pays membres.
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